Comment prévenir les risques psychosociaux au travail ?

4 collaborateurs échangeant ensemble autour d'une table

Perte de sens au travail, conditions de travail contraignantes et/ou dégradées, augmentation des tensions sociales, contexte anxiogène et générateur de crispations (politique, géopolitique, économique, climatique, etc.)… Jamais nos nerfs n’auront été autant mis à rude épreuve et les risques psychosociaux (RPS), aussi élevés. Sur un terrain propice au développement des RPS, comment les détecter et les gérer en tant que manager·euse ? Zoom sur les mesures de prévention à mettre en place pour préserver votre santé et celle de vos collaborateur·rice·s, motiver et fidéliser vos équipes. 

Table des matières

Risques psychosociaux (RPS) : définition et facteurs de risques

Selon le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, les risques psychosociaux sont définis comme des risques pour la santé mentale, physique et sociale, induits par l’activité elle-même ou générés par l’organisation et les relations de travail (1). 

Généralement, les RPS correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non : 

  • du stress au travail (surcharge de travail, manque de moyens et/ou de clarté dans le partage des tâches, mode de management, faible autonomie…) ; 
  • des violences internes commises au sein de l’entreprise (tensions entre salariés, harcèlement moral ou sexuel, conflit avec sa hiérarchie, manque de reconnaissance…) ; 
  • des violences commises sur des salariés par des personnes externes à l’entreprise (insultes, menaces, agressions…). 

 

Ces facteurs de risques peuvent interagir entre eux : le stress au travail peut par exemple favoriser l’apparition de violences entre salariés qui, à leur tour, augmentent le stress dans l’entreprise. 

Les RPS se traduisent par un mal-être et une souffrance mentale et physique. L’exposition à ces risques de travail peut avoir des conséquences sur la santé des salariés, notamment en termes de maladies cardio-vasculaires, de troubles musculosquelettiques (TMS), de troubles anxio-dépressifs et d’épuisement professionnel (burn-out). 

Le phénomène n’épargne aucun secteur d’activité. Tous les salariés, quel que soit leur positionnement hiérarchique, leur sexe, leur âge ou leur métier, peuvent être exposés à des RPS. 

Des effets psychiques accentués par le contexte actuel

Particulièrement anxiogène, le contexte actuel est de nature à fragiliser notre santé psychique. L’angoisse liée aux conflits géopolitiques, l’augmentation des tensions politiques et sociales, l’éco-anxiété face au changement climatique et l’insécurité économique peuvent produire, selon la situation de chacun·e, une altération du moral, des troubles du sommeil, du stress, de l’anxiété et divers troubles psychosociaux. 

Ces risques psychosociaux peuvent être aggravés par des situations de travail génératrices de crispations. Une charge de travail excessive, des changements incessants dans l’organisation, l’introduction de nouveaux outils, une pression sur les performances, un manque de reconnaissance et la perte de sens au travail notamment amplifient le stress, la charge mentale et le sentiment d’isolement. 

Conséquence, on observe une dégradation continue de la santé mentale des salariés français (2) 

  • 45% présentent une détresse psychologique (symptômes de dépression et d’épuisement), dont 13% en détresse psychologique élevée pouvant entraîner une hospitalisation et des arrêts de travail de longue durée ; 
  • 29 % présentent potentiellement un risque de développer une dépression ; 
  • 31% seraient en burn-out et, parmi eux, 10% présentent un risque d’épuisement sévère… 

 

Parmi les plus touchés et en situation de détresse psychologique : les salariés âgés de 30 à 39 ans (54%), les employés (53 %), les femmes (52 %) et les jeunes générations (49 %) (2) 

De manière générale, les salariés demeurent en attente d’une plus grande sécurité psychologique au travail. Près de la moitié estime que la prévention du stress implique tous les niveaux hiérarchiques de leur organisation. Or, seuls 30 % jugent que la direction de leur entreprise démontre sa préoccupation pour la prévention du stress par son implication et son engagement (2). Un bon climat de sécurité psychologique diminue pourtant sensiblement les risques pour la santé mentale. 

Risques psychosociaux : quels impacts sur l’entreprise ?

Dans un contexte générateur de crispations, prendre en compte les risques psychosociaux (RPS) au sein de l’entreprise devient une priorité. 

Manageur·se, les conséquences des RPS en entreprise pèsent en effet non seulement sur la santé physique et mentale des salariés, mais aussi sur le fonctionnement de votre activité : augmentation des accidents, hausse de l’absentéisme, turnover, démotivation des équipes, dégradation de l’ambiance de travail… Autant de situations qui peuvent nuire à la productivité, aux résultats et à l’image de votre entreprise. 

Les obligations et moyens d’action de l’employeur

De l’article L. 4121-1 du Code du travail découle un certain nombre d’obligations pour votre employeur. Il lui incombe d’évaluer les risques professionnels, y compris psychosociaux (3), et de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. 

Ces mesures comprennent des actions de prévention, des actions d’information et de formation, et la mise en place d’une organisation avec des moyens adaptés, en concertation avec le Comité Social et Économique, les représentants du personnel et la Médecine du Travail. Votre employeur doit être un acteur de la prévention par une démarche proactive et veiller à la mise à jour régulière de ces mesures. 

Document unique d’évaluation des risques professionnels, mode d’emploi

Le Document Unique d’Évaluation des Risques professionnels (DUER), qui rassemble et formalise les résultats de l’évaluation des risques professionnels, est obligatoire dans l’entreprise. Votre employeur doit actualiser et diffuser le DUER tout en indiquant que cette évaluation comprend aussi celle des RPS.  

En tant que manageur·se, vous avez aussi un rôle à jouer dans la prévention des risques psychosociaux et la préservation de la santé mentale de vos collaborateur·rice·s. Le DUER doit en effet rendre compte des changements organisationnels issus des nouvelles contraintes de travail, du télétravail, ou encore des inquiétudes des salariés par rapport au sentiment d’isolement, et indiquer obligatoirement le plan d’action mis en œuvre pour les en prémunir. 

Le non-respect des mesures préconisées au niveau de la branche d’activité de votre entreprise ou par la Médecine du travail peut engager la responsabilité de votre employeur (4) 

Comment prévenir concrètement les risques psychosociaux en tant que manageur·se ?

Comme l’impose la réglementation, les RPS doivent être pris en compte au même titre que les autres risques professionnels. Il est nécessaire de les évaluer, de planifier des mesures de prévention adaptées et de donner la priorité aux mesures collectives susceptibles d’éviter les risques le plus en amont possible. 

Cela implique de mettre en œuvre des actions préventives pertinentes et adaptées pour préserver la santé physique et mentale de vos collaborateur·rice·s, qu’ils soient en activité sur leur lieu de travail ou en télétravail, en chômage partiel ou en arrêt maladie 

Afin d’appréhender au mieux les difficultés et d’agir efficacement sur les facteurs de risques, votre employeur doit veiller à construire un plan de prévention en concertation avec vous, l’ensemble des salariés de votre entreprise, les Instances représentatives du personnel (IRP) et la Médecine du travail.  

Évaluation des facteurs de risques psychosociaux

Les facteurs des RPS au sein de l’entreprise sont nombreux et évoluent en même temps que le monde du travail et la conjoncture. Ils peuvent être regroupés en six catégories : 

  • Intensité et temps de travail : quantité de travail trop importante, délais non réalistes, interruptions fréquentes, directives contradictoires, horaires excessifs, etc. ; 
  • Exigences émotionnelles : contact avec la maladie, la souffrance ou la mort ; tensions, violences psychologiques et physiques internes ou externes à l’entreprise (incivilités, comportements agressifs et violents, etc.) ; 
  • Autonomie : manque de contrôle sur le travail à réaliser, l’organisation du travail, la gestion du temps de travail, la prise d’initiatives… ; 
  • Rapports sociaux au travail : difficultés desrelations interpersonnelles entre salariés et entre le salarié et sa hiérarchie (manque de soutien, mauvais management, conflits, violences, discriminations, harcèlement…), et des relations avec l’extérieur de l’entreprise (clients, prestataires, etc.) ; 
  • Sens du travail et conflits de valeurs : perte ou absence de sens du travail pour un salarié, notion de qualité empêchée (difficulté à pouvoir faire du « bon travail »), obligation de travailler en désaccord avec ses valeurs professionnelles ou personnelles… ; 
  • Insécurité de la situation de travail : insécurité socio-économique (peur de perdre son emploi, non-maintien du niveau de salaire, contrat de travail précaire) et risque de changement non maîtrisé de la tâche et des conditions de travail (restructurations, incertitudes sur l’avenir de son métier…). 

RPS : les actions de prévention possibles

Dans la période de tensions actuelle, tout ce qui concourt à : 

  • Renforcer la vigilance sur les indicateurs individuels de souffrance au travail (fatigue importante, anxiété, plaintes, conduites à risque, irritabilité, agressivité, problèmes de concentration, etc.) ; 
  • Repérer les indicateurs collectifs d’alerte (absentéisme, baisse de la qualité du travail, détérioration des relations interpersonnelles, augmentation des accidents du travail, etc.) ; 
  • Anticiper, partager l’information ; 
  • Renforcer la communication et soutenir le fonctionnement collectif (clarifier les process et les rôles de chacun, faciliter le travail de l’encadrement de proximité, etc.) ; 
  • Garantir un soutien social en étant à l’écoute de la situation de chacun·e (éventuelles difficultés, ressenti, besoins) et en essayant d’y répondre avec des ressources suffisantes (temps, modifications organisationnelles, ressources humaines et matérielles, etc.) ; 
  • Faciliter le dialogue avec vos collaborateur·rice·s (sur les contraintes de terrain, les écarts entre ce qui est demandé et ce qui peut être fait, le repérage des aléas et dysfonctionnements, les propositions de solutions, etc.) ; 
  • Réguler le travail (équilibrer la charge de travail, adapter les objectifs en fonction des moyens disponibles, insister sur le droit à la déconnexion au-delà des horaires de travail…) ; 
  • Valoriser l’investissement, le travail et les efforts de vos collaborateur·rice·s ; 
  • Améliorer la qualité de vie au travail (QVT) et le bien-être de vos collaborateur·rice·s, par exemple en réaménagement les espaces et temps de travail, en modernisant vos outils et équipements…

 

… est susceptible de contribuer à la prévention des risques psychosociaux.  

Ces mesures permettent de répondre aux obligations de sécurité et de résultat de votre employeur en matière de prévention. 

Ecofac Evolutiv vous accompagne dans la prévention des risques psychosociaux

Parce que prendre soin de votre santé mentale et de celle de vos collaborateur·rice·s est essentiel, Ecofac Evolutiv se tient à vos côtés pour prévenir les risques psychosociaux, améliorer votre qualité de vie (QVT), et favoriser votre bien-être au travail. Expert de la formation professionnelle dans les domaines du management, de la performance commerciale, de la relation client et en prévention des risques, Ecofac Evolutiv peut vous accompagner dans le développement de ces compétences 

Plusieurs programmes de formation au management, à la performance RH, à la santé et le bien-être au travail, personnalisables en fonction de vos besoins, sont accessibles en formation continue telles que : 

 

En plaçant la prévention des risques psychosociaux et le bien-être au travail au cœur de vos pratiques managériales, vous créez les conditions d’un environnement de travail stimulant, propice à l’innovation, à l’engagement et à la performance collective 

RPS : impliquer vos équipes dans la démarche

Pour que vos initiatives de prévention soient efficaces, nous vous recommandons d’impliquer vos collaborateur·rice·s dans la démarche. Leur formation aux risques psychosociaux au sein de votre entreprise et à leur prévention, ainsi que leur sensibilisation aux actions menées pour leur bien-être, sont essentielles.  

Pour favoriser la participation de vos équipes, vous pouvez : 

  • Mettre en place un plan de prévention des risques professionnels et psychosociaux adapté à votre activité ; 
  • Créer un comité de bien-être au sein de votre entreprise, associant des représentants de salariés et votre direction ; 
  • Organiser des ateliers et des formations sur la santé et le bien-être, les gestes et postures adaptés à leur travail, en sollicitant leurs suggestions et retours ; 
  • Les encourager à adopter des comportements sains, en leur proposant de participer à des challenges collectifs (marathons, concours de recettes équilibrées, etc.) ; 
  • Communiquer régulièrement sur vos initiatives bien-être et/ou les programmes de santé disponibles… 

Évaluer le bien-être de vos salariés et adapter vos actions

Afin de vous assurer de l’efficacité des initiatives mises en œuvre, prenez le temps de mesurer leurs résultats. La réalisation d’enquêtes internes permet notamment de suivre le bien-être global, le ressenti et le niveau de satisfaction de vos collaborateur·rice·s. 

Notre solution RH Balencio peut vous aider à mesurer et agir sur l’engagement ainsi que l’épanouissement de vos collaborateur·rice·s. Diagnostic clé en main pour évaluer leur épanouissement, analyse de leurs feedbacks en temps réel, enquêtes internes, rapports détaillés sur la mise en œuvre d’un plan d’action ciblé, plateforme intuitive et personnalisable…  

En évaluant régulièrement l’impact des actions menées, vous pourrez ajuster votre stratégie managériale afin de prévenir les risques psychosociaux au travail et améliorer la performance de votre entreprise. Investir dans une démarche concrète adaptée à vos besoins portera à n’en pas douter ses fruits, quels que soient la taille et le secteur d’activité de votre entreprise ! 

(1) Source : https://travail-emploi.gouv.fr/prevention-des-risques/risques-pychosociaux-rps# 

(2) Source : 14ème édition du baromètre sur l’état de santé psychologique des salariés français, publié le 1er avril 2025, Opinion Way pour le cabinet Empreinte Humaine. 

(3) Source : Art. L. 4121-3 du Code du travail. 

(4) Source : Art. L. 452-1 du Code de la Sécurité sociale