sommaire
- Quels sont les risques professionnels ?
- Les accidents du travail, premiers risques professionnels
- Les maladies professionnelles en augmentation
- Comment gérer les risques professionnels en entreprise ?
- Manageur·se·s et salarié·e·s en première ligne
- Prévention des risques professionnels : suivez le guide avec Ecofac Evolutiv !
- Risques professionnels : impliquer vos équipes dans la démarche
La performance d’une entreprise ne repose pas uniquement sur des indicateurs financiers ou commerciaux.
Elle s’appuie avant tout sur les femmes et les hommes qui la font vivre au quotidien. Leur sécurité et leur santé ne sont pas des sujets à prendre à la légère. Les risques professionnels sont présents dans toutes les entreprises, quels que soient leur secteur d’activité et leur taille. Que vous soyez chef d’entreprise ou manageur·se, l’éventail de ces risques est tel que le sujet doit être pris à bras le corps pour assurer votre sécurité et celle de vos équipes, préserver votre santé et être en accord avec la loi. Priorité à la prévention !
Quels sont les risques professionnels ?
Un incendie se déclare dans vos locaux. L’un de vos collaborateurs fait un malaise. Un ouvrier tombe d’un échafaudage sur un chantier. Un salarié souffre du dos ou du poignet. Vous chutez sur un sol glissant dans votre société. Le point commun ? Tous, dans le cadre de votre travail, encourez des dangers pour votre sécurité, votre santé, votre intégrité physique et votre bien-être, appelés risques professionnels.
Ces risques diffèrent selon l’entreprise, son secteur d’activité, l’emploi occupé et les missions confiées. Ils sont directement liés aux conditions de travail, à l’organisation et aux gestes du quotidien.
Arrivent en tête les troubles musculosquelettiques, plus connus sous l’acronyme TMS, qui représentent à eux seuls 88 % des maladies professionnelles prises en charge (1). Les risques professionnels peuvent être également mécaniques (manutentions manuelles liées aux machines, projections), physiques (personnes travaillant en extérieur, en hauteur, risques routiers, brûlures, électrocutions…), chimiques, biologiques (exposition aux agents infectieux, piqûres), radiologiques ou encore psychologiques (agressions, stress, harcèlement…).
En 2024, 926 358 sinistres ont été reconnus et pris en charge par l’Assurance Maladie-Risques professionnels (1). On parle ici des accidents du travail (AT), des accidents de trajet et des maladies professionnelles (MP).
Les accidents du travail, premiers risques professionnels
En 2024, 761 306 accidents du travail (soit près de 74% des risques professionnels) ont été reconnus (1), dont 549 614 ont entraîné un arrêt de travail et/ou une incapacité.
Quatre grands facteurs de risques sont identifiés comme étant à l’origine de la plupart d’entre eux (1) :
- la manutention manuelle (près de 50%) ;
- les chutes de plain-pied (15 %) ;
- les chutes de hauteur (plus de 10 %) ;
- et l’outillage à main (8 %).
Parmi les secteurs les plus accidentogènes : la santé, le nettoyage et le travail temporaire (29 %) ; l’alimentation (17 %) ; les transports (16 %) ou encore le bâtiment (14%) (1).
Accidents mortels au travail : des chiffres qui restent alarmants
764 décès ont été reconnus en 2024, un chiffre qui ne diminue pas depuis 10 ans (1). Plus de la moitié (59 %) sont la conséquence de malaises, 24% ont une origine professionnelle identifiée (chute, manutention…) et 13 % surviennent lors d’accidents routiers. Ils concernent notamment les secteurs des transports (24%) et du BTP (20 %) (1).
Dans la plupart des cas, l’Inspection du travail pointe des manquements à la sécurité. Par exemple, les travailleurs en hauteur (cordistes, couvreurs, installateurs de panneaux photovoltaïques en toiture, etc.) qui ne respectent pas les règles de sécurité ou ne suivent pas de formation encourent de graves mises en danger, parfois au péril de leur vie.
Les maladies professionnelles en augmentation
50 598 maladies professionnelles ont été reconnues et prises en charge en 2024 (1), soit une augmentation de 6,7% par rapport à l’année précédente.
Elles peuvent donner lieu à la reconnaissance simultanée de plusieurs syndromes, comme c’est le cas pour les TMS (troubles musculosquelettiques). Un·e collaborateur·rice souffrant par exemple d’un TMS du poignet peut aussi souffrir d’un TMS au coude.
Les TMS (troubles musculosquelettiques) en tête
Avec près de 42 723 cas reconnus en 2024 (+ 6,6 % par rapport à 2023) (2), les troubles musculosquelettiques représentent près de 90% des MP prises en charge.
Parmi les TMS reconnus figurent :
- Les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures ;
- Les affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes;
- Les lésions chroniques du ménisque ;
- Les affections chroniques du rachis lombaire provoquées par des vibrations de basses et moyennes fréquences transmises par le corps entier ;
- Les affections provoquées par les vibrations et chocs transmis par certaines machines-outils, outils et objets et par les chocs itératifs du talon de la main sur des éléments fixes…
Hausse continue des pathologies professionnelles « hors tableau », notamment des maladies psychiques
Comment gérer les risques professionnels en entreprise ?
Accidents du travail, maladies professionnelles… L’éventail des risques (2) est tel que vous devez, en tant que dirigeant·e ou manager·euse, prendre le sujet à bras le corps pour garantir votre propre sécurité et celle de vos salariés, protéger votre santé, préserver la pérennité de votre entreprise et être en accord avec la loi, afin d’éviter que votre responsabilité et celle de votre entreprise ne soit recherchée.
Ce que dit la loi : des obligations de moyens et de résultat
La prévention des risques professionnels a pris naissance dans une directive européenne de 1989, transposée en droit français par une loi de 1991 (3). Un décret de novembre 2001 (4) a rendu cette obligation très concrète en imposant aux entreprises la réalisation d’un document unique.
En tant qu’employeur, vous devez mettre en œuvre tous les moyens que vous jugez nécessaires pour préserver l’intégrité physique et mentale des travailleurs exposés à des risques. Cette double obligation implique le déploiement d’une véritable politique de prévention, en tenant compte des particularités de votre organisation.
En pratique, cette démarche passe par la mise en œuvre de plusieurs actions :
- L’évaluation des risquespouvant être évités, en réalisant un inventaire de ceux auxquels vous et vos salariés êtes exposés (5).
- La transcription de ces résultats dans leDUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels) (6). Vous devez le mettre à jour au moins une fois par an pour les PME et de manière régulière pour les TPE, et l’actualiser lors de toute décision d’aménagement pouvant affecter les conditions de santé, de sécurité ou de travail de vos équipes. Cette actualisation est également indispensable si vous êtes confrontés à de nouveaux risques.
- L’information: en tant qu’employeur, vous êtes tenu d’informer vos collaborateurrice·s des risques qu’ils encourent du fait de leur activité et des mesures prises pour y remédier. Cette information concerne également les intérimaires et les sous-traitants. Une bonne diffusion de l’information passe par un affichage des consignes de sécurité et des fiches de postes, dont vos collaborateur·rice·s doivent prendre connaissance ; une mise à disposition des notices d’instructions ; l’organisation de réunions ou de campagnes de sécurité…
- La mise en œuvre d’actions préventives adaptées pour supprimer ou réduire ces risques : formation à la sécurité des salariée·s, organisation du travail adaptée, modernisation des équipements, nouvelles consignes…
À savoir : Ne confondez pas le danger (la propriété ou les caractéristiques d’un équipement, d’un produit pouvant entraîner un dommage) avec le risque. Ce dernier est le résultat de l’exposition à un danger.
Responsabilités : quelles sanctions pour l’entreprise ?
Employeur, en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle reconnue par la Sécurité sociale (à l’exclusion de l’accident de trajet), le/la colloborateur·rice ou sa famille peuvent rechercher votre responsabilité s’il/elle prouve que vous avez commis une faute inexcusable (7).
Pour prouver que vous avez commis une faute inexcusable, ils devront établir que vous aviez ou auriez dû avoir conscience du danger auquel il/elle était exposé·e, et que vous n’avez pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver.
En cas de reconnaissance de votre faute inexcusable, vous risquez des poursuites au civil (dommages et intérêts, indemnisation) ou encore au pénal. Il vous incombe ainsi de tout mettre en œuvre pour vous protéger, vous et vos équipes.
Manageurs et salariés en première ligne
Les différents maillons de la chaîne hiérarchique doivent être au fait de ces obligations pour transmettre les bonnes consignes et pratiques aux autres. Chaque collaborateur·rice est un acteur important de la prévention des risques professionnels, prioritairement de ceux auxquels il/elle est exposé·e. Ainsi, il/elle doit commencer par respecter les consignes de sécurité sur son poste de travail.
N’oubliez pas de concerter les représentants du personnel (CHSCT et délégués du personnel, si votre entreprise emploie plus de 11 salariés) !
Évaluation et plan de gestion des risques professionnels : méthodes et ressources
Aucune méthode n’est fixée pour réaliser l’Évaluation des Risques Professionnels (EvRP). Mais en général, cela passe par :
- La mise en place d’un groupe de travail, l’identification des services concernés ;
- Le recensement précis des dangers et l’analyse des risques associés ;
- L’évaluation des risques professionnels proprement dits.
Prévention des risques professionnels : suivez le guide avec Ecofac Evolutiv !
Parce que préserver votre sécurité au travail et de celle de vos collaborateur·rice·s est primordial, Ecofac Evolutiv se tient à vos côtés pour prévenir les risques professionnels (y compris psychosociaux), améliorer votre qualité de vie (QVT), et favoriser votre bien-être au travail.
Expert de la formation professionnelle dans les domaines du management, de la performance commerciale, de la relation client et en prévention des risques, Ecofac Evolutiv vous accompagne avec plusieurs programmes de formation, personnalisables en fonction de vos besoins et accessibles en formation continue :
- Travaux en hauteur
- Santé & secourisme : SST – Sauveteur secouriste du travail MAC (Maintien & Actualisation des Compétences)
- Santé & secourisme : SST – devenir sauveteur secouriste du travail – formation initiale
- Risque Incendie et manipulation des extincteurs
- Risques électriques : Recyclage habilitation électrique non-électricien – BS/BE manœuvres limitées
- Risques électriques : Recyclage habilitation électrique non-électricien – B0 et/ou H0 – H0V- exécutant
- Travaux en hauteur : Port du harnais en sécurité
- Travaux en hauteur : Montage, démontage et réception des échafaudages roulants
- Gestes et postures de travail
- Règlementation : Formation des membres du CSSCT
- Règlementation : Formation des membres du CSE de 50 à 300 salariés
- Lutte contre l’incendie : Équipier de première intervention (EPI)
- Comprendre et prévenir les TMS au travail
- Gérer son rythme biologique et gagner en sérénité…
En plaçant la sécurité au travail et la prévention des risques professionnels au cœur de vos pratiques managériales avec ces formations, vous créez les conditions d’un environnement de travail sécurisant et stimulant, propice à l’innovation, à l’engagement et à la performance collective.
Risques professionnels : impliquer vos équipes dans la démarche
Pour que vos initiatives de prévention soient efficaces, il est recommandé d’impliquer vos collaborateur·rice·s dans la démarche. Leur formation aux risques au sein de votre entreprise et à leur prévention, ainsi que leur sensibilisation aux actions menées pour leur sécurité et leur santé, sont essentielles.
Pour favoriser la participation de vos équipes, vous pouvez :
- Mettre en place un plan de préventiondes risques professionnels et psychosociaux adapté à votre activité ;
- Organiser des ateliers et des formations sur la sécurité et la santé, les gestes et postures adaptés à leur travail,en sollicitant leurs suggestions et retours ;
- Communiquer régulièrement sur vos initiatives santéet/ou les programmes de sécurité disponibles ;
Créer un comité de bien-être au sein de votre entreprise, associant des représentants de salariés et votre direction…
L’importance d’évaluer les risques et d’adapter vos actions en conséquence
Afin de vous assurer de l’efficacité des initiatives mises en œuvre, prenez le temps de mesurer leurs résultats. La réalisation d’enquêtes internes permet notamment de suivre le ressenti et le niveau d’appréciation de vos collaborateur·rice·s face aux risques auxquels ils/elles sont exposé·e·s.
Notre solution RH Balencio peut vous aider à mesurer et agir sur l’engagement ainsi que l’épanouissement de vos collaborateur·rice·s. Diagnostic clé en main pour évaluer leur épanouissement, analyse de leurs feedbacks en temps réel, enquêtes internes, rapports détaillés sur la mise en œuvre d’un plan d’action ciblé, plateforme intuitive et personnalisable…
En évaluant régulièrement l’impact des actions menées, vous pourrez ajuster vos pratiques managériales afin de prévenir les risques professionnels et améliorer la performance de votre entreprise. Investir dans une démarche concrète adaptée à vos besoins portera à n’en pas douter ses fruits, quels que soient la taille et le secteur d’activité de votre entreprise !
(1) D’après le rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie sur les risques professionnels, « L’Essentiel 2024 Santé et sécurité au travail » (publié en décembre 2025).
(2) Répertoriés sur le site de l’INRS.
(3) Loi n° 91-1414 du 31 décembre 1991 modifiant le code du travail et le code de la santé publique en vue de favoriser la prévention des risques professionnels et portant transposition de directives européennes relatives à la santé et à la sécurité du travail.
(4) Décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001.
(5) Selon l’article L. 4121-3 du Code du travail.
(6) Selon l’article L. 4121-1 du Code du travail.
(7) Selon l’article L. 452-1 du Code de la Sécurité sociale.

Lorsqu’une affection ne remplit pas tous les critères des tableaux des maladies professionnelles reconnues comme telles, voire n’apparaît dans aucun tableau, elle peut, sous certaines conditions, être reconnue comme maladie professionnelle et être prise en charge. C’est ce qu’on appelle les pathologies professionnelles « hors tableau ».
C’est un Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP), composé d’experts médicaux, qui statue sur le lien de causalité entre la maladie et le travail de la victime. Cet avis s’impose à l’organisme de Sécurité sociale.
En 2024, près de 2 600 MP « hors tableau » ont été prises en charge par le Régime général (2). Elles ont pour origine les conditions de travail : manipulation de produits dangereux, postures pénibles et prolongées, port de charges lourdes, stress et pression quotidienne…
1 805 MP relèvent d’affections psychiques (+9 % par rapport à 2023). Ces dernières sont en augmentation régulière (2), et ont même doublé par rapport à 2020. Près des 3/4 concernent des dépressions (72,5%), et 25% l’anxiété et le stress (2).